Cuba [19 au 30 décembre 2008]
On pense tout de suite au Che, au rhum, aux cigares, à Fidel et aussi à Raul. On pense aussi que c’est juste des stéréotypes et des clichés mais loin de là, ils sont partout ! Le Che est peint sur tous les murs, Viva Fidel aussi, les Cubains adorent le rhum et fument presque tous le cigare !
45 min d’avion de Cancun à la Havane : un saut de mouton vers un autre monde qui n’a rien à voir avec la société de consommation mexicaine du Yucatan (merci une fois de plus les USA) : bouffe, gringos, coca, tacos, burger king et mcdo.
A peine 20min après avoir décollé de Cancun on aperçoit déjà la pointe extrême ouest de Cuba. 20min plus loin on atterrit à l’aéroport José Marti – La Habana. Le nom de l’aéroport donne le ton, Marti est considéré comme un Dieu à Cuba…Le Dieu de la Révolution !

Passage de l’Immigration très strict et long, on nous prend en photo et on nous dévisage pour vérifier qu’on a bien la même tête que sur le passeport. A côté de Cancun ou des autres aéroports en général, la Havane est un beau bordel, du monde partout, des nuages de fumée à l’intérieur car la loi anti-tabac n’est pas encore passée, pas d’indications, on marche au hasard…
Il faut savoir qu’à Cuba il y a deux monnaies : le peso cubain qui ne vaut pas grand-chose (30 pesos cubains = 1 euro) et le peso convertible cubain (1 cuc = 1 dollar américain). 90% des choses à Cuba doivent être payées en cuc. Sympa pour les cubains quand on sait qu’ils gagnent en moyenne 15 dollars (donc cuc) par mois. Une nuit dans une casa particular coûte entre 10 et 15 cuc, un repas au resto entre 5 et 10 cuc, un voyage en bus entre 20 et 50 cuc. A côté de ça, quand on arrive à payer en pesos cubains on en est gêné tellement c’est pas cher : quelques cuillères de riz avec un peu de poulet coûtent 2 pesos cubains. Pour voyager pas cher il faut donc s’adapter a lo cubano…C'est-à-dire presque rien manger !
Quelques jours à la Havane pour tâter l’ambiance cubaine. La ville n’est pas très grande, assez sale et polluée (on est quand même loin de Mexico). La Habana Vieja, c'est-à-dire le vieux centre est magnifique mais… les maisons tombent en ruine, se fissurent, les gens s’entassent à 8 dans des petites pièces. Pas d’eau courante assez souvent, pas de savon, les Cubains vivent vraiment dans la misère qui paraît plus importante qu’au Guatemala, qu’en Colombie. Le Mexique paraît être un pays surdéveloppé en comparaison. Et pourtant les Cubains ont toujours le sourire, sont d’une amabilité et générosité jamais vue : simple exemple : un bici-taxi (taxi à vélo) nous a invité chez lui avec sa femme et son fils pour manger alors qu’il nous connaissait depuis 10 minutes.
Le fameux bici-taxi et son fils.
Petite journée repos à la plage de Santa Maria dans la province de la Havane. Mer magnifique et chaude comme au Mexique, sauf que là on est dans le détroit de Floride, face à Miami qu’on ne voit pas mais que les Cubains voient comme l’Eldorado.
Les Cubains n’ont pas le droit de sortir du pays sauf quelques très rares exceptions. Ils n’ont pas non plus le droit d’entrer en contact avec les étrangers sous peine de prison. L’essence est hors de prix, entre 1.30 et 1.90 dollars du coup beaucoup de Cubains ne sont jamais sortis de leur ville, qu’ils aient 25, 30 ou 40 ans. Mais si on leur demande ce qu’ils préfèrent : la situation avant Fidel, ou après : pour rien au monde ils ne diront avant. S’ils devaient refaire la Révolution, ils la referaient sûrement.
Arrivée ensuite à Trinidad, la plus belle ville de l’île, dans le centre, à quelques kilomètres de la mer. Petite, calme, assez touristique (plus que la Havane) mais vraiment très beau. Le niveau de vie est peut-être un tout petit peu plus élevé ici car la campagne est proche : sierra, vallée, rivières.
Coucher de soleil le 23 décembre à la Playa de la Boca.
On est le 24 décembre, il fait 30°, on a du mal à croire que c’est Noël puisque les Cubains ne le fêtent pas. Mais nous si, pour l’occasion, ballade sur des chevaux anorexiques dans la vallée de los ingenios entre les montagnes. En cours de route pause dans une ferme pour boire un jus de canne fait sous nos yeux. On remonte sur nos ânes pour finir en maillot de bain dans une cascade !
Et puis le soir, rien d’extraordinaire, soirée même plutôt glauque : repas normal et soirée à la boîte Las Cuevas, dans une vraie grotte souterraine avec stalactites et tout.
Le 25, ce sera une journée spécial bus : 12h enfermés pour faire le trajet Trinidad / Santiago de Cuba tout à l’est de l’île. Santiago est la 2° ville de l’île et ancienne capitale. Au pied de la Sierra Maestra, la Sierra ou le Che s’est caché pendant la Révolution. D’autres supers rencontres, quelques soirées salsa et mojitos. Et aussi une journée plage face à la Jamaïque et à Haïti, qu’on ne voit toujours pas mais c’est pour situer !!!
Ville plus pauvre et populaire, paysages plus arides et chaleur plus importante (dans les 35°).
Et puis retour à la Havane dans la nuit du 27 au 28 : 12h30 pour traverser toute l’île. Grosse fatigue, il est temps de ralentir le rythme ! Logement chez des connaissances du coin. Bon prétexte pour connaître la Havane de façon plus approfondie et moins touristique.
Hasta la victoria...Siempre ! Voilà la Place de la Révolution sur laquelle Fidel a fait son discours de victoire début janvier 1959 (il y a donc 50 ans...). Aujourd'hui personne ne sait où son frère et lui vivent...
Toujours la Place de la Révolution.
Belle ballade sur le Malecon, le front de mer où les Cubains viennent s'assoir et regardent les vagues en buvant du rhum.
La Havane by night vu du phare...
Et c’est le moment de repartir : 11 jours et le dépaysement est total, on se sent loin, très loin du Mexique et l’atterrissage et le survol de Cancun fait mal aux yeux tellement c’est horrible ! Allez on se console en se disant qu’on va pouvoir se réenfiler des bigmac et du coca en écoutant parler anglais toute la journée !